LENS - PARIS-SG : 1-2 (0-1)
Temps frais. Pelouse en bon état. 37 808 spectateurs. Arbitre : M. Coué.
Remplacement Lens. – 76e : Kovacevic par BOUKARI.
Non utilisés : Chabbert (g.), Bisevac, Si. Keita, Monnet-Paquet, Barul, Tixier.
Entraîneur : F. Gillot.
Remplacements PSG. – 80e : Frau par CHANTÔME ; 85e : Diané par C. RODRIGUEZ.
Non utilisés : Alonzo (g.), Dramé, Hellebuyck, Pauleta, Kalou.
Entraîneur : P. Le Guen.
LES BUTS
0-1 : DIANÉ (2e, passe de Luyindula). – Luyindula pénètre dans la surface côté droit. Il se
défait de la défense lensoise et, du bout du pied, glisse le ballon dans la course de Diané. Ce dernier fixe Itandje et marque de l’intérieur du pied gauche.
1-1 : ROZEHNAL (52e). – Coup franc sortant de Monterrubio, côté gauche. Sous la pression
d’Aruna, Rozehnal dévie le ballon, de la jambe, dans son propre but.
1-2 : ARMAND (72e, passe de Rothen). – À 30 mètres, Rothen dépose un coup franc dans la surface vers Armand, qui surgit dans le dos de Keita et dévie le ballon aux 6 mètres, acrobatiquement, du bout du pied gauche, dans le coin gauche d’Itandje.
LES CARTONS
2 AVERTISSEMENTS. – Lens : Demont (64e, contestation) ; Paris-SG : Frau (61e, tacle irrégulier sur Monterrubio).
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Paris respire encore
Le PSG a accompli l’exploit d’aller gagner à Bollaert. Il quitte la zone rouge, aiguisant les doutes lensois.
Si l’équipe de la capitale avait perdu à Lens hier soir, elle serait lanterne rouge du Championnat ce matin. Une humiliation évitée grâce à une victoire à Bollaert, fruit de ressources mentales rarement affichées cette saison. Le chemin du maintien est encore long. Aussi long, peut-être, que celui qui pourrait mener Lens en Ligue des champions. Hier, les Nordistes ont fragilisé leur position : Sochaux et Toulouse ne sont plus que trois points derrière…
AU MOINS UNE FOIS cette saison, le PSG aura laissé la même trace que Lyon. Il a vaincu, hier, à Lens, là où seul l’OL avait imposé sa loi (4-0). Les conséquences de la victoire parisienne sont encore impossibles à évaluer à huit journées du terme, d’autant plus que Paris a souvent cultivé l’art de la rechute. Mais il est une certitude : cette septième victoire de la saison – la troisième à l’extérieur – était indispensable pour sortir de la zone rouge et l’équipe de Paul Le Guen aura eu l’immense mérite de l’arracher à un moment du match où les événements semblaient le conduire vers l’asphyxie. Déclic salvateur ou coup d’éclat sans lendemain ? Il y a la venue au Parc du Mans, samedi soir, pour apporter un début de réponse. En attendant, le PSG observe déjà un horizon différent : remonté à la 17e place, il n’est plus dépendant des autres pour assurer sa survie en L1. Comme il n’est plus dépendant de Pauleta pour signer ses meilleures performances. Hier, Paris est un peu passé par tous les états – de l’euphorie à la panique, de la solidarité au chacun pour soi – mais il a su finir le match comme il l’avait entamé, dans le bon sens, limitant la casse d’un début de deuxième mi-temps aux abois. Dans cette période, Lens fit à peu près tout ce qu’il voulait sur le terrain, mais il aura manqué un peu de tout, hier, à l’équipe nordiste. Un peu de qualité technique, un peu de précision sur les tirs, un peu de caractère, aussi, lorsque Paris reprit l’avantage…
Quoi qu’il arrive, même si Bordeaux devait battre Nancy le 18 avril, en match en retard, Lens conservera sa deuxième place. Mais son irrégularité et son manque de tranchant dans les moments forts nourrissent aujourd’hui sa stagnation au classement. Lens n’est plus le favori pour la deuxième place. Il en est un candidat parmi d’autres. Et un candidat qui n’a plus le vent en poupe. Ce qui fut palpable, hier, dès la deuxième minute, à la façon des Lensois de subir le pressing haut des Parisiens.
Ce rapport de forces permit à Diané de trouver Luyindula dans la profondeur, d’un extérieur du droit bien dosé. Le travail de la recrue hivernale, alors, fut capital : il enchaîna un contrôle en pivot par un décalage dans la surface pour Diané. En pleine course, ce dernier s’avança pour battre Itandje d’un tir croisé, estompant la colossale pression qui pesait sur Paris avant le match (2e).
Paris passe en 4-4-2
Le premier quart d’heure accentua cette impression de maîtrise parisienne. Maîtrise du score, donc, mais aussi maîtrise des espaces, dans le développement de son jeu comme dans ses replis. Mais Paris n’échappa pas à un double mouvement, au croisement de sa propre tentation du repli et de la récupération de plus en plus haute du milieu lensois. En dehors d’un tir de Rothen en première intention, qui passa à côté du cadre (13e), le PSG perdit pied dans le camp adverse, laissant Lens monter en puissance malgré des erreurs techniques répétées.
L’essentiel du projet nordiste consista alors à coloniser le côté droit de la défense parisienne, qui affichait des airs d’inédit et d’inexpérience avec la titularisation de Mulumbu au poste de Mendy, suspendu. Plus d’une fois, le Racing déborda sur cette aile avant de buter sur une qualité de centres insuffisante. Mais ce fut sur sa première inspiration axiale que Lens pensa égaliser : à l’entrée de la surface, Carrière avait trouvé Jemaa, dont le pointu fut repoussé d’un réflexe du pied droit par Landreau (28e). Deux minutes plus tard, le gardien parisien détourna un autre essai du Tunisien. Sur le corner qui suivit, Coulibaly plaça sa tête au-dessus.
Dans cette première mi-temps qu’il entama avec un but de retard, Lens peina à ressortir un réel point fort. Et, un peu plus tard, si son égalisation relèvera du sens de l’histoire, elle résultera aussi d’une certaine réussite : après une faute de Rozehnal, Monterrubio alla tirer un coup franc côté gauche. Sur son centre enroulé, Clément fut trop court et Rozehnal, sous la pression de Dindane, marqua contre son camp… (52e). À cet instant, Pauleta entra dans une rage terrible derrière le but parisien, shootant dans un panneau publicitaire et tout Paris, à vrai dire, vacilla alors sérieusement.
Si Lens a perdu ce match, ce fut sans doute parce qu’il ne sut pas le gagner dans les minutes qui suivirent son égalisation alors que sa qualité de relance était énorme et que Paris résistait en chancelant. Les échecs de Jemaa (56e, 62e) et de Keita (59e) ne lui permirent pas de faire basculer le score. À 1-1, Paris passa en 4-4-2 avec Frau à droite et Rothen à gauche. Cette mutation digérée, le PSG trouva plus d’air, plus d’équilibre et raviva sa confiance sur un centre de Rothen sur lequel Luyindula manqua d’un rien sa reprise (67e). Mais il fallait y voir un signe prémonitoire. Paris, qui avait cessé de subir, obtint un coup franc à environ 35 mètres, dans l’axe droit. Rothen s’en chargea. Keita fut impuissant et le ballon parvint à Armand qui marqua d’un extérieur du gauche en extension ! (72e).
C’est un but dont l’impact est encore difficile à mesurer. Mais il est celui qui coupa tous les élans lensois, à peine perceptibles par la suite sur un tir de Kovacevic arrêté par Landreau (74e). Jusqu’au bout, Luyindula, porté par sa délicieuse conduite de balle, tentera de marquer. Preuve que Paris voulait en finir avec cette série maudite de quatre défaites d’affilée sans marquer un but.
JÉRÔME TOUBOUL
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Armand, un but qui compte
LES JOUEURS. – Adroit à la réception d’un coup franc de Rothen, le défenseur parisien a permis à son équipe de sortir du gouffre.
LENS
ITANDJE (5) : à deux reprises, il alla chercher le ballon dans ses filets sans avoir le moindre arrêt à effectuer.
DEMONT(5,5) : dans son couloir droit, il eut finalement assez peu de travail. Il en profita pour apporter du soutien au milieu sans peser.
A. COULIBALY (5) : il lutta à armes égales avec Traoré dans les airs mais eut parfois des difficultés à contenir Luyindula.
HILTON (6) : piégé par Diané sur l’ouverture du score, il se montra par ailleurs indispensable en coupant systématiquement les trajectoires avec autorité et en étant précis dans ses relances.
RAMOS (4,5) : parfois en difficulté devant Diané, il se montra disponible dans les phases offensives avec tonicité et conviction dans ses appels. En revanche, il montra beaucoup trop de déchets dans ses transmissions.
CARRIÈRE (5,5) : positionné côté droit, il ne prit que très rarement le dessus dans les duels. Si sa tentative de lob, avant la pause, sembla ambitieuse, il se montra bien plus dangereux dès qu’il se repositionna dans l’axe.
KOVACEVIC (6) : combattant valeureux, il colmata les brèches avec une intensité constante. Remplacé par BOUKARI (76e).
Se. KEITA (5) : visiblement trop nerveux, le capitaine eut une influence moins importante sur le jeu et perdit quelques ballons faciles.
MONTERRUBIO (6,5) : de belles inspirations à une touche de balle. Ses centres n’ont pas toujours trouvé preneur mais son coupfranc amena l’égalisation lensoise (52e).
JEMAA (6) : souvent dos au but, il montra une belle aisance dans ses prises de balle. D’un pointu, le Tunisien se créa la première occasion des Sang et Or et fut le Lensois le plus dangereux, notamment par ses frappes du gauche.
ARUNA (6) : sa puissance physique et sa technique en mouvement enquiquinèrent sans cesse la défense parisienne, qu’il poussa à la faute sur l’égalisation (52e).
PARIS-SG
LANDREAU (6,5) : ses quinze jours en Bleu ne l’ont pas rouillé. Une nouvelle fois décisif (28e) et dominateur dans les airs.
MULUMBU (5,5) : pour sa première à droite, il a beaucoup sué. Pas simple de s’opposer aux centres de Monterrubio et aux offensives de Jemaa. Souvent livré à lui même, il a été soulagé par son entraîneur qui modifia le système en deuxième période et imposa un 4-4-2.
ROZEHNAL (4,5) : une 52e minute horrible : une faute sur Dindane et un but contre son camp sur le coup franc.
S. TRAORÉ (6) : au marquage de Coulibaly sur les coups-francs lensois, il a éteint plusieurs débuts d’incendie et imposé son long corps dans les duels.
ARMAND(6,5) : son but à l’aller n’avait pas empêché la défaite. Cette fois, son but compte et risque d’être déterminant pour le maintien.
CLÉMENT(5,5) : pour sa rentrée, il s’est battu avec rage pour tenter d’arracher un maximum de ballons. Il y parvint de temps en temps mais paniqua parfois en s’en débarrassant trop vite.
É. CISSÉ (5,5) : à chaque fois qu’il a franchi la ligne médiane, il a pesé. En revanche, défensivement, il a paru hésitant, ne sachant comment se positionner.
ROTHEN (5,5) : pas très bon durant les cinquante-deux premières minutes, il s’est réveillé après l’égalisation lensoise et après le repositionnement tactique du PSG. Milieu offensif gauche, il a joué plus haut, touché plus de ballons et offert le but de la victoire à Armand.
FRAU (4,5) : c’est bien de tenter, c’est encore mieux de réussir. A l’origine du but de Diané (2e), il s’est ensuite égaré. Remplacé par CHANTÔME (80e), solide.
DIANÉ (5,5) : un but rapide et magnifique pour l’Ivoirien, déjà efficace en sélection. Après, il connut de grosses absences mais s’efforça de ne pas sortir du match.
LUYINDULA (6,5) : son meilleur match depuis son arrivée. Soutien capital pour ses partenaires (2e), il a incontestablement marqué des points et devient une alternative crédible à Pauleta.
JÉRÔME LE FAUCONNIER
et GUILLAUME DUFY
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ILS ONT DIT
Le Guen :« On a eu peur »
Paul LE GUEN (entraîneur du Paris-SG) : « Ce sont trois points qui nous permettent d’avancer, qui nous permettent de reprendre un peu confiance, d’être un peu plus optimistes. Mais je ne suis absolument pas euphorique. Ça me fait plaisir de gagner chez le deuxième qui n’avait perdu qu’une fois à domicile depuis le début de la saison. On a eu un peu de réussite, Lens en a moins eu. Il faut avoir le succès modeste. On a été souvent mis en difficulté, on a eu peur après l’égalisation, Lens poussait beaucoup. C’est pour cette raison qu’on a changé de système, qu’on est passé en 4-4-2, on souffrait côté droit. C’est bien de pouvoir gagner avec tout le monde (Pauleta et Kalou étaient sur le banc et ne sont pas rentrés en jeu). J’ai toujours dit que c’était très important de pouvoir faire jouer la concurrence. Certains manquent encore de matches, ça été flagrant pour Jérémie Clément mais il sera mieux dans quelques temps, Peggy revient, Rodriguez est remis de sa blessure, c’est très bien. Quant à Mulumbu, il avait vraiment envie de jouer, il s’est battu avec son coeur. »
Amara DIANÉ (Paris-SG) : « On est heureux et un peu libérés, il ne faut surtout pas s’enflammer. Le plus important était de gagner pour ne pas rester à la vingtième place. Avant le début du match, on connaissait les résultats, on en avait discuté, on voulait absolument gagner. Personnellement, le but me fait du bien, ça faisait deux matches que je n’avais pas débuté. Ça me fait plaisir. » – G. D.
Jérémie CLÉMENT (Paris-SG) : « C’est franchement bien d’avoir pris les trois points. On était prévenus des autres matches. Le fait d’être vingtièmes, ça ne nous a pas mis une pression supplémentaire. Il ne faut pas regarder le score des autres. C’est bien, il faut savourer mais tout de suite se replonger sur le prochain match, sur la réception du Mans. Maintenant, ça demande confirmation. Mais c’est bien d’avoir cassé cette série de quatre défaites d’affilée, c’est une bonne bouffée d’oxygène mais il ne faut pas s’arrêter là. Personnellement, j’étais un peu fatigué. Quand tu ne joues pas depuis longtemps, tu perds un peu le rythme. » – G.D.
Sylvain ARMAND (Paris-SG) : « Cette victoire nous fait du bien. On sort de la zone de relégation. On va tout faire pour ne pas y retourner. Il faut surtout retenir l’état d’esprit. Avant le match, nous connaissions bien sûr le résultat des autres équipes. Ce n’était pas évident pour nous, surtout face à Lens. L’état d’esprit de tout le monde a été irréprochable. Ce but est important pour moi mais il faut surtout retenir la victoire. Notre position au classement est un peu incompréhensible (17e). On n’a pas le droit d’être à cette place-là. Avant la rencontre, on s’était dit que prendre un point à Lens, ce n’était pas si mal puisqu’on était derniers avant ce match. Ce soir (hier soir), nous sommes vraiment satisfaits, on a peut-être un peu plus de réussite que Lens. Cette réussite qui nous fuyait depuis Nancy. Si on arrive à bien jouer et à gagner, c’est du bonus pour tout le monde. Même après l’égalisation de Lens, nous nous ne sommes pas relâchés, on s’est beaucoup parlé, on s’est dit qu’il ne fallait pas s’affoler, qu’il fallait jouer et prendre les occasions qui se présentaient. À la mi-temps, le coach insistait sur les coups de pied arrêtés et cela a finalement payé. Bien sûr, le dernier quart d’heure a été long. Pour nous, cette victoire est un petit soulagement, elle nous permettra de travailler plus sereinement toute la semaine et si on arrive à bonifier ces points pris face au Mans, cela peut être très bien. » – J.L.F.
Francis GILLOT (entraîneur de Lens) : « C’est toujours désagréable de perdre. Cela fait un moment qu’on n’y arrive pas. Cela se resserre derrière nous. On fait de bonnes choses pendant trente minutes. On fait beaucoup d’efforts pour revenir et on le paie cash sur la fin. On a laissé beaucoup trop de forces.On prend ce deuxième but presque logique. Ça fait longtemps que je sais que ce sera chaud jusqu’au bout. On en a eu la confirmation. Nous prenons beaucoup trop de buts sur coups de pied arrêtés. On manque de concentration et de rigueur. » – J. L. F.
Articles tirés du journal l'Equipe du 2/o4/2oo7