Pauleta : « Qu'on ne me manque pas de respect »
Titulaire ou remplaçant, Pauleta reste irréprochable dans son attitude. Le meilleur buteur parisien demande simplement du respect et affirme qu'il ira au bout de son contrat avec Paris (juin 2008), même si le club descend en L 2.
[i]JEAN et tee-shirt bleus, Pedro Pauleta apparaît détendu et souriant. Pourtant, il était sur le banc des remplaçants dimanche dernier à Lens, chose rarissime pour lui. Si le capitaine du PSG reconnaît que sa situation personnelle est délicate, il recentre son discours sur l'équipe, qui reste à ses yeux « le plus important ».
L'attaquant portugais se dit aussi attentif au traitement qui lui sera réservé, ne veut pas davantage entendre parler d'un départ en fin de saison. Pauleta, 34 ans le 28 avril, se livre franchement et délivre des mots forts à l'heure où son statut est remis en cause.[/i]
Comment avez-vous apprécié le fait de rester sur le banc de touche, dimanche, à Lens ?
Pedro Pauleta. Un joueur qui ne joue pas, s'il est content, ça veut dire qu'il s'en fout. C'est
mieux alors qu'il arrête. Sinon, il n'y a rien de spécial. Le plus important, c'est que l'équipe gagne et qu'elle reste en L 1. Bien sûr que j'aurais aimé participer et que je ne suis pas heureux d'être sur le banc. C'est à moi de continuer à travailler et de prouver que je suis là pour jouer. Je suis préparé à tous les scénarios... même celui où je ne suis pas dans le groupe.
« Jamais je n'irai au clash »
Toujours à Lens, au coup de sifflet final, vous sembliez aussi heureux que vos partenaires qui, eux, avaient été directement impliqués dans la victoire...
J'espère que les gens ne pensent pas que je me contente de ce statut de remplaçant. Mais c'est vrai, à Lens, j'ai montré de l'enthousiasme pour encourager mes coéquipiers. Ce match m'a beaucoup plu, on méritait ce succès pour tous les efforts fournis. En ce moment, c'est important d'être tous solidaires. Cela fait presque quatre ans que je suis dans ce club et que je donne toujours le maximum. J'ai fait beaucoup de choses pour le PSG. Ce que je demande, c'est du respect et de la correction. Je n'accepte pas que l'on puisse remettre en cause mon professionnalisme.
Est-ce le cas ?
Non. Mais je serai toujours attentif à ce que l'on ne me manque pas de respect. Je serai toujours attentif à tout. Quand je jouais, je voulais qu'on me respecte, ce n'est pas maintenant que je joue moins que je ne vais pas faire de même avec ceux qui jouent.
Avec l'arrivée de Paul Le Guen comme entraîneur, votre statut a changé. Comment le vivez-vous ?
C'est évident que ma situation a changé et que je ne joue plus aussi souvent qu'avant. Mais c'est le choix du nouvel entraîneur et je le respecte. Ce que je demande, c'est que l'on soit correct avec moi comme je l'ai été depuis que je suis ici. L'ambiance entre nous est bonne, on est tous concerné par le maintien du club en L 1. Je respecterai jusqu'à la fin les décisions de tout le monde. Je suis là pour aider même si ma situation personnelle est un peu délicate car je suis moins sollicité.
Il y a quelques semaines, vous déclariez dans nos colonnes : « celui qui me mettra sur le banc devra être très fort »...
(Il coupe.) Je pense toujours la même chose. J'ai marqué 90 buts en quatre saisons ici, j'en ai encore inscrit 19 cette année, et je me sens toujours important pour le club. Même si, depuis un ou deux mois, les choses sont différentes. Le coach fait un choix, j'accepte. Je démontre aussi par cette attitude qui je suis vraiment.
Pensez-vous que certaines personnes au club imaginaient que vous n'accepteriez pas votre nouveau statut ?
Peut-être que certains voulaient que j'agisse différemment mais je suis plus intelligent qu'eux. Jamais je n'irai au clash, ce n'est pas dans ma nature. Que je joue ou pas, je l'accepte, car l'important, c'est le club. Si un jour j'ai un problème, il sera individuel et à régler entre quatre yeux. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Je n'ai aucun souci avec le club.
« Je resterai à Paris jusqu'au terme de mon contrat »
Pour la saison prochaine, les dirigeants envisagent de se séparer des gros salaires dont vous faites partie. Qu'en pensez-vous ?
(Très affirmatif.) Ce n'est même pas la peine de venir me voir pour évoquer ce sujet. Je resterai à Paris jusqu'au 30 juin 2008, terme de mon contrat.
Et si l'équipe descend ?
Je veux aller au bout de mon contrat au PSG.
Mais si la direction ne veut pas vous garder, vous n'allez pas vous accrocher...
Je le répète, je veux finir ma carrière au PSG en juin 2008. Après, si on veut vraiment que je parte, il y a une solution : il faudra que le club me paye tous mes salaires jusqu'au bout. A cette condition seulement, je pourrai partir. L'été dernier, je suis resté car j'aime le club alors que j'avais des propositions plus intéressantes ailleurs.
Propos recueillis par Arnaud Hermant
Article tiré du Parisien du Vendredi 06 Avril 2oo7